New-Orleans #4

On est reparti pour New Orleans ! Après un petit billet d’histoire, un autre sur les trois premières semaines folles et un dernier sur le Business District qui m’a fasciné, je reviens sur une autre expérience qu’on a vécu là bas : James Town !

Mais James Town, questcecest ??? Quelques semaines (mois) avant de partir, on cherchait avant tout un endroit où loger, en échange de travail. Un peu comm ele woofing, très connu. D’une parce que financièrement, on ne pouvait pas se permettre de vivre 3 mois à l’hôtel, et de deux parce qu’on allait rencontrer plein de locaux, où au moins des gens dans même esprit que nous.

On a donc fouiner sur HelpX. Un site permettant aux gens de poser des annonces pour demander de l’aide en échange de logement et/ou nourriture. Du woofing donc, mais pas seulement car ce site ne s’arrête pas à l’agriculture, mais ouvre les possibiltés à toutes sorte de travail. Nous avions donc « signé » pour aller construire une maison à la Nouvelle-Orléans ! HOLé !

Début janvier, nous voilà en route pour le Lower Ninth, un des quartier les plus chauds de la Nouvelle Orléans (on a clairement eu aucun soucis quand on y était. C’était plutôt le quartier le plus désert de la ville). Le bus mettait une plombe à y aller, on était pas sûre de se faire comprendre par le conducteur antipathique et on avait l’impression que le bus nous emmenait loiiiiinnnnnn du centre (pour rappel, la ville est IMMENSE).

On marche le long de la levée (prononcez LEVI) (c’est la digue quoi). Un panneau nous indique que cette fameuse digue est celle qui a pété lors de Katrina en 2015, et que donc ce quartier à été rasé, noyé, broyé (vous pouvez utilisez tous les mots destructeurs de votre répertoire), et ça se voit encore (pour rappel, c’était en 2016).

Notre arrivée à James Town.

Et ici, les épisodes de vie là bas… 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 .à petites doses hein.

On dépasse donc des petites maisons et des terrains vides/vagues. Y’a même des hérons et autres oiseaux majestueux qui traînent là. On discute sur la maison que l’on va devoir construire, qu’elle est son avancement, si on va dormir dans le canapé, dans le garage, la cuisine ?? Je fais une remarque sur la dernière maison de la rue qui à l’air complétement en chantier et entourée d’une jungle (au fond, j’étais persuadée que c’était pas pour nous).

Evidemment, c’est bien notre maison. Et il n’y a rien, donc on va dormir dans notre tente, dans le jardin. Notre tente de randonnée deux places. Deux mois à vivre ici. Pas de douche (enfin si, une douche extérieur à eau froide), des toilettes sèches, un frigo et un feu de camp.

Voilà.

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Je crois pouvoir dire que ma vie s’est retournée à ce moment là. La petite citadine parisienne que j’étais devenue s’est prise une grosse claque dans la tête, et puis elle est rentrée chez elle, sans dire un mot. L’aventurière guerrière qui sommeillait en moi s’est libérée, j’ai chaussé mon legging de noël, un marteau et cassé des planches !

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Bon, ok, j’exagère. Mais toujours est-il que j’ai super bien vécu la vie en tente (parmi les moustiques), qu’on a pas eu si froid, qu’on se lavait finalement à la piscine municipale, et que la cuisine au feu de bois c’est merveilleux.

Mais revenons à la maison. James donc était le propriétaire de cet endroit. Il avait acheté le terrain pour une bouchée de pain quelques années plus tôt, et depuis, il y construisait une maison avec seulement des matériaux de récupération et avec l’aide de bénévoles comme nous. Ça faisait trois ans qu’il était sur la construction.

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Quand nous sommes arrivées, la structure était debout, il fallait encore faire tout l’extérieur, poser les fenêtres, isoler l’intérieur, construire une barrière autour de la maison, faire le potager…. Entre autres. Ce qui était un sacré boulot. Nous étions une petite dizaine, ce chiffre évoluant avec l’arrivée de nouveaux et le départ d’anciens.

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Une vraie communauté s’était créée. Tazia cuisinait merveilleusement bien des quantités astronomiques sur le feu (nous récupérions tout ce qui sortait des poubelles, et autant vous dire que je n’ai jamais autant mangé de ma vie….), elle nous racontait aussi des histoires à faire peur la nuit au coin de ce même feu. Gavin toujours souriant et drôle. Neil ce grand doux bonhomme qui adorait parler toutes les langues. Georgie, notre cher Georgie, toujours fourré à la piscine. Thom, la pile electrique. James le discret musicien. Victoria et ses pots de glaces. Betsy et ses supers idées. Mark et Steve, les infatigables. Sans compter tous les animaux (chiens, chats, dindes) (méchantes les dindes).

Mon anglais pitoyable de l’époque m’aura beaucoup freiné dans les échanges. Mais l’énergie qui se dégageait de ce groupe était merveilleuse, douce, bienveillante (et tout autre mot du même champ lexical) (vous avez pigé l’idée), et je repartirai bien pour quelques temps avec eux.

Outre le temps passé au camp, je crois que notre force était aussi de passer du temps ailleurs ensemble, on a arpenté encore et encore la ville, fêter l’arrivée de ma nièce, soirée ciné popcorn à volonté, pique-nique, mardi gras, et un week-end mémorable dans une forêt nationale de Louisiane. On s’était créer une nouvelle famille, chacun loin de la notre.

Concernant le travail en lui même, je crois que ce n’était pas trop mon truc. Le changement était sans doute trop radical. Passer d’un travail de bureau à un chantier. Bonjour le grand écart. Rien ne me rebute, mais passer des heures à enlever des clous d’une planche, ça m’ennuie, même si j’adore les travaux manuels.

J’étais donc à la tâche d’étanchéifier la maison avec mon pistolet en silicone, et ça, c’était chouette. J’y trouvais une sorte d’apaisement dans la minutie dont je devais faire part. Chacun son truc quoi.

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C’était un expérience très enrichissante. De celles qui te font réfléchir sur ce que tu veux/ne veux pas, sur la vie en communauté, l’art de vivre ensemble avec peu, mais toujours, toujours dans la bonne humeur. Une expérience très humaine au fond (la preuve en est, je n’ai aucune photo de la maison…) Une expérience que je ne peux que conseiller à tous. Tous.

(ps : la maison quand on est arrivée/maintenant. Du beau travail d’équipe !)

 

2 commentaires sur « New-Orleans #4 »

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